Marie Alexandrine Léonie se fait à nouveau entendre

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Je m’appelle Marie Alexandrine Léonie, je suis la doyenne de votre village, mes prénoms ne vous disent que peu de choses pourtant je suis bien présente dans votre quotidien, le matin, le midi et le soir. Je vous parle principalement du temps qui passe mais de bien d’autres événements.

Je suis composée d'un cerveau, d'une épaule, d'une panse, d'une lèvre, d'une robre, je vis suspendue et je me balance et je sonne l’angélus pour vous rappeler les moments-clés de la journée, le matin, le midi et le soir. Je représente la troisième génération : mon aïeule avait été fondue en 1646 et ne faisait que 48 cm de diamètre, elle fut mise en réserve après un service de 176 ans et c’est en l’an 1822 du règne de Louis XVIII qu’elle fut remplacée par Marie Thérèse Alexandrine, bénite par le curé des Hogues Pierre Duruc, c’est le maire Alexandre Maison qui lui a donné ses prénoms avec Marie-Thérèse Duboc sa marraine. Elle fut coulée par la fonderie Caplain de Petit-Couronne.

En 1900, on décide de remplacer Marie-Thérèse Alexandrine, et la fondre avec la cloche de 1646, toutes deux me constituent pour être plus forte, sonner plus loin. Cela se passe à la fonderie Crouzet-Hildebrand de Louviers qui était située à l'angle de la rue de la Citadelle et de la rue du Bal Champêtre. On y a fondu moult cloches qui font encore entendre leur voix mélodieuse notamment au Canada, aux USA. Je pèse 540 kg et mesure 98 cm de diamètre. Mon parrain qui me bénit fut l’abbé Léon Cordier et Mme Ferment ma marraine.

Il y a quelques semaines vous ne m’avez plus entendu et vous vous demandiez ce que j’étais devenue : le moteur électrique du balancier était bien fatigué. C’est Jean-Marie Torchy, électricien au village, qui l’a remplacé. Grâce à lui, je puis chanter l’angélus et parler au cœur des poètes comme à celui d’Elie Mangoubi qui écrivait :

Mon cœur allégrement
Dans ma poitrine résonne
Comme les cloches qui sonnent
Au sommet du clocher vivement.

Elles nous rappellent que l’amour
Triomphera finalement de la haine,
Que la joie suivra la peine,
Que le bien vaincra le mal, un jour.

Je prie que tous les cœurs meurtris
Puissent bientôt battre à l’unisson
Avec ces cloches qui avec passion

 

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